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Dossiers thématique Vente distribution

Le retour gagnant du commerce alimentaire spécialisé !

Juste prix, portions adaptées, fraîcheur et qualité des produits, sécurité alimentaire, proximité, conseil et convivialité : les atouts naturels des bouchers, fromagers, poissonniers, boulangers-pâtissiers, charcutiers-traiteurs et autres commerces de primeurs séduisent les consommateurs français. Décryptage par Nasser Negrouche, spécialiste marketing des petites entreprises.

« Le retour en force des métiers de bouche traditionnels  sur le devant de la scène commerciale est incontestable. Paradoxalement, la crise a eu pour effet de ramener la clientèle vers ces points de vente spécialisés où ils redécouvrent les charmes de la proximité : convivialité de l'accueil, personnalisation de l'offre, compétitivité des prix, fiabilité du conseil, qualité de la production artisanale », analyse Nasser Negrouche, économiste de la petite entreprise, à la tête du cabinet de formation-conseil Priorité Client.

Selon l'INSEE (qui vient de publier une enquête sur ce thème*), depuis 15 ans, le commerce alimentaire spécialisé s'est fortement rétracté avec une part de marché qui est passée de 22% en 1993 à 17% en 2007. Sur la même période, le nombre de magasins a chuté de 120 000 à 106 000. « C'est vrai, le marché s'est considérablement transformé en quinze ans. Pas uniquement pour des raisons liées à la concurrence féroce des discounters ou de la grande distribution. Mais aussi pour des raisons démographiques et marketing : de nombreux exploitants, faute de repreneurs, ont cessé leur activité à l'âge de la retraite. Pourtant, souvent, les fonds de commerce étaient économiquement viables. Enfin, ceux qui n'ont pas su s'adapter aux nouvelles exigences qualitatives de la clientèle ont aussi disparu », commente Nasser Negrouche.

Le commerce alimentaire spécialisé occupe toutefois encore une place  encore importante dans l'économie. En 2007, souligne l'INSEE, il compte 95 000 entrepreneurs individuels et sociétés pour 106 000 magasins employant 304 000 personnes Le secteur est essentiellement composé de petites structures : plus de neuf magasins sur dix emploient moins de 5 salariés. Et il connaît un renouveau inattendu depuis la fin des années 2000.

Moins de points de vente, mais des magasins plus proches de leurs clients.

« Depuis 2007, de nouveaux comportements de consommation sont apparus. Les Français se sont aperçus que l'achat de produits alimentaires chez les détaillants de proximité n'était pas un luxe réservé à une élite, mais pouvait, au contraire, se révéler une excellente stratégie  anticrise ! Acheter la juste portion au juste prix, ça finit par faire du bien au porte-monnaie… Et puis, il y a aussi des satisfactions psychologiques liées à l'acte d'achat : reconnaissance, sourire, écoute… La véritable proximité n'est pas seulement géographique, elle est d'abord et avant tout relationnelle. Ces points de vente, dans les villages comme dans les centres urbains, retissent du lien social, produisent du bien-être et animent les territoires. C'est le contraire du gigantisme et de l'anonymat commercial. Aujourd'hui, c'est aussi un nouveau choix de vie pour de nombreux consommateurs lassés par l'offre standardisée des usines à distribution et le surstockage alimentaire… », explique Nasser Negrouche. 

*Le commerce alimentaire spécialisé : déclin enrayé ? (INSEE Première - Juin 2011)


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