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Les qualités qui manquent aux jeunes diplômés selon les employeurs

jeunes diplomesSelon leurs employeurs, les jeunes diplômés français manqueraient des qualités nécessaires à leur intégration parfaite en entreprise. L'assertion est-elle vérifiée et si oui quelles en sont les raisons?

Un monde économique en mode « lightning speed* »

Avec la mondialisation l'économie à subit une accélération phénoménale non seulement dans ses pratiques, mais aussi dans sa gestion quotidienne et à long terme. D'autre part et en corolaire, il s'est créé une incertitude permanente génératrice d'instabilité, dans la gestion des moyens matériels (investissement) et humains (offre d'emploi).
Lorsqu'un chef d'entreprise embauche un jeune diplômé il souhaite, voire même exige, que celui-ci soit immédiatement opérationnel au sein de l'entreprise. Et ce pour les problèmes au niveau de compétence qu'est censé lui donner son diplôme. Cela est malheureusement utopique pour plusieurs raisons que nous allons voir plus avant, mais dont la principale tient à la structure même du couple éducation/entreprise.
Celui-ci relève plus du « je t'aime, moi non plus » que d'un partenariat sincère et équilibré. Pour autant les diplômés français présentent des lacunes effectives, que certains n'hésitent pas à qualifier de manque de qualité, comme s'il s'agissait d'un produit standardisé. Or le jeune diplômé reste un être humain, imparfait par définition.

Universités versus IUT

Avant tout effectuons une mise au point. Depuis la création de l'université de Bologne en 1088, à l'origine de toutes les autres, celles-ci n'ont jamais eu pour mission de préparer les étudiants à une vie professionnelle en entreprise. Leur but à été et reste l'acquisition d'un savoir dans un ou plusieurs domaines spécifiques, en s'appuyant sur une solide base théorique. Sans aucun rapport direct avec le monde professionnel.
L'on a toujours considéré que l'acquisition des qualités et savoir propre à l'entreprise devait s'effectuer au sein de celle-ci. Par ailleurs pour répondre aux besoins professionnels ont été créés des IUT, pendant des écoles et instituts polytechniques du monde germanique. La formation qui y est dispensée est en prise directe avec les entreprises pour être au plus près de l'évolution de celle-ci. Pour autant même les jeunes diplômés qui en sont issus, ne sont pas exempts de reproches de la part des responsables d'entreprises.

Les vraies lacunes que l'on peut reprocher aux jeunes diplômés

Elles découlent sans aucun doute et sans esprit partisan, des évolutions du monde éducatif de l'après mai 1968. La source du problème démarre dès l'éducation primaire pour se poursuivre jusque dans le supérieur. Les lacunes sont ainsi de plusieurs ordres.

  • Le trop fort accent mis sur l'individu en tant que tel et non au sein de la société. D'où des difficultés pour les jeunes diplômés arrivant dans les entreprises, à s'insérer de manière équilibrée dans les équipes déjà constituées.
  • Paradoxalement le manque de bases solides dans de nombreux domaines tels que : l'expression écrite, la culture générale, etc. Comment peut-on demander au nouveau membre d'un staff dirigeant de s'occuper de relations avec des fournisseurs ou clients indiens, si celui-ci n'a qu'une vague idée de ce que peut être le monde indien dans sa culture, sa mentalité et surtout ses capacités.
  • L'abandon de l'apprentissage du véritable l'esprit d'analyse et de synthèse dans l'éducation contemporaine. Sans celui-ci la nouvelle recrue, même bardée de diplômes, sera très vite submergée par le premier problème multifactoriel à résoudre.
  • Enfin l'on peut évoquer un certain esprit élitiste, qui fait que le jeune diplômé aura du mal à accepter de continuer son apprentissage auprès d'anciens de l'entreprise.

Les lacunes qui viennent d'être citées peuvent être corrigées par une prise de conscience et un effort personnel de l'étudiant puis du collaborateur de l'entreprise. Par contre il est un problème qui découle structurellement (et par là même politiquement) du manque de moyens de l'éducation supérieure. Il s'agit d'un déficit chronique des stages en entreprise, pour la mise en pratique concrète et en temps réel de l'apprentissage théorique. C'est là la demande essentielle des dirigeants d'entreprises (57% d'après un sondage Careerbuilder.fr) en relation avec l'obligation pour le jeune diplômé d'être immédiatement opérationnel pour l'entreprise. Celle-ci étant en mode « lightning speed » rappelons-le.

Le jeune diplômé : un investissement pour le futur.

Les griefs que les dirigeants du monde entrepreneurial font aux jeunes diplômés découlent de la pression qu'ils subissent au quotidien dans la gestion (et bien souvent la survie) de leur entreprise. Si effectivement certaines lacunes sont indéniables et doivent être corrigées, elles ne doivent pas l'être par exemple, au détriment de solides bases théoriques. Faire ce choix serait pour le dirigeant une politique à courte vue, car la recrue bien qu'opérationnelle immédiatement pour un certain niveau professionnel, se retrouvera très vite bloquée sans possibilités d'évolution au profit de l'entreprise comme au sien.
Il sera et restera un monovalent. À contrario un solide bagage théorique, même sans expérience concrète et immédiate (donc à acquérir en entreprise) sera pour celle-ci un investissement d'avenir, avec la possibilité d'une mobilité interne et d'une polyvalence certaine.

*lightning speed = vitesse de la lumière. Est en rapport avec la vitesse électronique des échanges économiques et financiers de la micro-économie comme de la macro-économie.

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